samedi 10 décembre 2016

Gilles Barroux : Les sources médicales de la connaissance de l'homme

L'harmattan - Novembre 2016



Médecine et philosophie n'ont cessé de mêler leur histoire, depuis l'Antiquité, autour d'un objet commun : l'homme, une liaison qui se poursuit encore vingt-cinq siècles plus tard. S'intéresser aux pensées et aux pratiques médicales à partir de leur histoire suscite de nombreux questionnements : soigner consiste-t-il à retrouver une santé et une existence identiques à celles qui précédaient l'émergence de la maladie ? Que vaut et que peut le savoir du malade face à celui du médecin ? Comment penser une éthique et une philosophie médicales aujourd'hui sans en interroger l'histoire . Ce livre restitue six années de séminaires au sein du Collège international de philosophie faisant dialoguer philosophes, médecins et soignants, psychologues, historiens ou encore sociologues. Y sont reprises plusieurs thématiques abordées dans le cadre de ces rendez-vous : les critères d'évaluation de la maladie, les relations humaines au sein du monde médical et leurs enjeux historiques et contemporains, quelques mythes et idéaux qui ont imprégné la physiologie et la médecine, ou encore la quête d'une santé parfaite. 

Gilles Barroux est enseignant et docteur en philosophie. Il a publié aux éditions Honoré Champion Philosophie, maladie et médecine au dix-huitième siècle ; a codirigé La clinique. Usages et valeurs, chez Séli Arslan, et Le chevalier de Jaucourt. L'homme aux dix-sept mille articles, à la Société Diderot ; et, dans la présente collection, Philosophie de la régénération : médecine, biologie, mythologies.

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Thibaud Zuppinger : Agir en contexte. Enquête sur les pratiques ordinaires de l'éthique

Editions Kimé - Novembre 2016



Agir en contexte est une enquête sur les pratiques ordinaires de l'éthique, en se donnant pour objectif de saisir l'aspect épistémologiquement douteux des valeurs engagées dans nos pratiques. Cette étude de la pratique ordinaire s'appuie sur deux traditions : d'une part les travaux sur l'ordinaire de filiation wittgensteinienne et d'autre part la phénoménologie husserlienne du monde de la vie. En empruntant cette double approche, nous pouvons alors saisir comment la philosophie peut conduire à perdre le monde et à manquer, dans le même mouvement, l'éthique. La mise à jour de cette dynamique sceptique n'est pas une impasse, mais au contraire indique le véritable enjeu : les besoins anthropologiques. L'hypothèse centrale qui est développée est que ce sont bien ces derniers qui mettent en forme les pratiques ordinaires. C'est autour de la thématique de l'anthropologie philosophique que s'articule le coeur de cet ouvrage. C'est à la suite de l'anthropologie philosophique développée par Hans Blumenberg dans le dialogue entre Husserl et Wittgenstein que nous cherchons à articuler l'aspect théorique et pratique de l'éthique. L'anthropologie philosophique, par sa nature transversale, apparaît comme une posture essentielle pour saisir la nature de nos pratiques ordinaires, mais également pour penser ce qui est du ressort de l'inacceptable. L'attention à l'important et les travaux sur le soin constituent le prolongement naturel de ces réflexions. A l'horizon de ces travaux, c'est aussi de la question de la place de l'homme dans la philosophie dont il est question.

Thibaud ZUPPINGER est chercheur et directeur de la revue électronique Implications philosophiques. Docteur en philosophie, son travail de recherche porte sur l'éthique telle qu'elle s'exprime dans les pratiques ordinaires. A l'articulation de la pensée wittgensteinienne et du pragmatisme, ces recherches entendent faire droit à la complexité de nos pratiques ordinaires interrogées à la lumière de l'anthropologie philosophique.

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Incidence 12 : La mesure de la valeur humaine

Editions du Felin - Novembre 2016


La notion de valeur humaine est envisagée dans ce numéro d'Incidence comme l'un des opérateurs par lesquels la société, à travers un certain nombre d'instances spécifiques, s'autorise à placer en comparaison les unes avec les autres des personnes et des populations, et à établir entre elles des hiérarchisations. Ces opérations de mesure peuvent préluder à des logiques de préférence, de discrimination, de priorisation dans l'allocation de ressources limitées, voire de sélection, déterminantes pour le destin des unes et des autres. Se trouve ainsi posée la question de la justice distributive et, plus profondément, de la détermination des principes qui fondent ou légitiment l'ordre social. La différenciation des statuts du travail en contexte esclavagiste et colonial, les tris eugénistes, les variations sur le thème du « capital humain », mais aussi la psychotechnique, l'évaluation professionnelle et le diagnostic médical comptent parmi les champs d'application de la mesure de la valeur humaine qui seront abordés ici.

Ce numéro réunit les contributions de Roberto Brigati, Fabrice Cahen, Catherine Cavalin, Patrick Lacoste et Jérôme Loiseau, Roland Masse, Denis Pelletier, Paul-André Rosental, Alessandro Stanziani et Soline Vennetier. Il propose également une édition critique de deux articles de Dagmar Weinberg et Robert Ranc, et une traduction inédite de "The Life You Save May Be Your Own" de Thomas C. Schelling.

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dimanche 4 décembre 2016

Agnès Sinaï : Walter Benjamin face à la tempête du progrès

Le Passager Clandestin - Novembre 2016


Walter Benjamin (1892-1940) est un témoin précoce du basculement du monde vers le règne des machines et l’effacement de la magie. Son matérialisme historique inspiré de Marx, doublé d’une vision quasi mystique puisée dans la théologie juive, le conduit à explorer l’envers des objets et des villes, dans lesquelles il promène son regard de flâneur en exil. Il y pressent le caractère démesuré du XXe siècle, traversé par des champs de forces aussi puissantes que des entités cosmiques.

Formulée dans les « sombres temps » de l’entre-deux guerres, son œuvre contient aussi des ferments d’utopie et de résistance à la grande accélération qui s’annonce : le refus de l’utile, la possibilité permanente de renverser le cours des choses, l’émancipation des classes opprimées, les instants d’intensité arrachés à l’uniformisation du monde. Sa philosophie s’apparente à une constellation de pensée, un arrêt de l’histoire, un mode d’expérience du monde qui permettent de retrouver l’ici et maintenant, par-delà la catastrophe et la démesure des forces industrielles.

Les auteurs réunis dans cette collection constituent les racines de la pensée politique de la décroissance. L’apport de Walter Benjamin à cette pensée est présenté ici par Agnès Sinaï ; la seconde partie de l’ouvrage est composée d’extraits qui offrent un accès direct à son œuvre.

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Isabelle Queval : Du souci de soi au sport augmenté. Essais sur le corps entraîné, dopé, appareillé

Presses des Mines - Novembre 2016


L’objet de cet ouvrage est d’explorer ce qui mène du «souci de soi», tel que défini par l’Antiquité grecque, au «corps augmenté», dont le sport de haut niveau propose aujourd’hui une version expérimentale. Ce trajet n’est pas seulement un reflet historique, celui d’une histoire des pratiques corporelles qui inclurait la médecine, les gymnastiques, l’éducation physique et le sport, dans leurs acceptions et finalités variées, et parfois antagonistes, au cours des siècles. Il traduit aussi le noeud problématique qui lie l’exercice physique à la thématique du dépassement : dépassement de soi lorsqu’il s’agit de s’améliorer, de s’entraîner pour «performer» ; dépassement des limites lorsqu’il s’agit de rendre effective la croyance moderne – et sportive – dans l’idée de progrès infini ; dépassement de la nature aussi lorsqu’il s’agit de mettre en question le « corps naturel », tout autant que l’« identité humaine» et ses contours, par l’usage de substances chimiques ou de prothèses.

Si l’évolution humaine se définit comme un arrachement permanent à la nature, la question du dopage et celle des exosquelettes pose celles des limites éthiques de la science, du prolongement du corps par la technique et d’un corps-machine d’un nouveau genre. L’impératif de performance pèse sur chacun et croise l’obsession de la santé parfaite, de la jeunesse et de la beauté éternelles. Cette quête s’empare du corps comme d’un prétexte pour viser une transcendance hypothétique, qui fait défaut par ailleurs. Améliorer, augmenter – la forme, les performances, l’apparence – semble toujours possible, occultant les questions de la souffrance et de la mort, du handicap, reléguant la vieillesse dans l’impensé. La chirurgie esthétique, l’entraînement sportif, la diététique, le(s) dopage(s) n’ont pas le même rapport à la temporalité, mais postulent un corps idéal dont la perfection est toujours différée. L’hypercorps entraîné, remodelé, esthétisé, médicalisé, technicisé du sportif d’élite, avec sa valeur d’objet marchand et fantasmatique, est à ce titre exemplaire.

Isabelle Queval est philosophe, maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches au département des sciences de l’éducation de l’Université de Paris Descartes et membre du Centre de recherches sur les liens sociaux (CERLIS-UMR 8070).

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Renaud Barbaras : Le désir et le monde

Hermann - Novembre 2016


Cet ouvrage prend pour point de départ une analyse phénoménologique du désir comme tel, que nous comprenons aujourd'hui d'abord comme désir sexuel. Le propre du désir, par différence avec le besoin, est que l'accès à ce qu'il vise l'exacerbe au lieu de le combler, comme si son véritable objet, le désiré, était toujours au-delà de ce que le désir est susceptible de rencontrer. C'est que le désiré n'est justement pas un objet mais cela qui transcende tous les objets au titre de leur fond ontologique commun, à savoir le monde lui-même. Tout désir est désir du monde, non pas au sens où il se rapporterait à un monde déjà là, mais bien parce qu'il en est la condition d'apparition, qu'il est donc désir transcendantal. C'est à l'analyse de ce désir transcendantal que cet ouvrage se consacre, en montrant notamment que sa dynamique propre implique à la fois une communauté ontologique entre le sujet et le monde et une séparation radicale. À la lumière de ces résultats, l'ouvrage revient enfin sur le désir empirique pour conclure qu'il procède d'une désublimation du désir transcendantal, comme si l'autre désiré était ce point du monde où le monde même se replie sur lui-même et transparaît.

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samedi 3 décembre 2016

Anne Boisssière : Chanter, Narrer, Danser. Contribution à une philosophie du sentir

Delatour - Novembre 2016


La musique s’éprouve et se vit, et ne se laisse pas seulement analyser et com- prendre. Active, dominatrice, source en même temps d’une passivité unique, elle atteint des couches profondes qui dessinent le mystérieux domaine du pré-verbal, directement en prise sur le vivant du corps. À preuve son aptitude à induire immédiatement du mouvement, dilater l’espace et donner une énergie incomparable, ou encore suspendre le temps. La musique plus que tout autre art instruit sur le « sentir », pour autant qu’on ne la cantonne pas à une autonomie ou à une pureté qui l’ampute du chanter et du danser, lesquels manifestent cette part irréductible.

Le sentir obéit à une autre logique que celle du sens et de la vérité. C’est un être-au-monde que les couplages traditionnels comme ceux de l’émotion et de la raison, ou de l’expression et de la forme, échouent à cerner. Sa complexité, son maillage interne, sa structuration dynamique, plaident en faveur de notions qui trouvent dans ce contexte une teneur philosophique renouvelée, comme celles de rythme et de symbole, également d’un art de narrer.

L’approche phénoménologique, attentive au corps vécu, et l’orientation de la théorie critique soucieuse de toutes les formes de réification, y compris de la perception et de ses gestes, sont conjointement mobilisées pour explorer le sentir à partir de la musique. Erwin Straus d’une part, en son approche du pathique, Walter Benjamin et Theodor W. Adorno d’autre part, sont les principaux acteurs de ce croisement. Celui-ci s’ouvre à d’autres penseurs, dont André Schaeffner et Susanne Langer. Le premier, à propos de l’instrument de musique, la seconde à propos du symbole non-présentationnel, se montrent en effet particulièrement appliqués à ne pas séparer l’expérience de la musique des processus corporels et physiologiques qui sont en jeu dans le rythme et dans l’écoute.

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Isabelle Drouet (dir.) : Le bayésianisme aujourd'hui. Fondements et pratiques

Editions Matériologiques - Novembre 2016


Le bayésianisme connaît un succès croissant dans des domaines du savoir toujours plus nombreux. Le présent- ouvrage vise d'abord à présenter l'état actuel du bayésianisme dans ses différentes dimensions, de la logique et la philosophie des probabilités jusqu'à la pratique des sciences empiriques, en passant par la théorie statistique. Il prétend également interroger l'unité des approches bayésiennes, entre les disciplines et dans le temps. Enfin, il aborde la question de savoir quelle est la portée de ces approches et comment il convient d'interpréter leur succès. Faut-il, en particulier, considérer que la fécondité d'un modèle bayésien signifie que ce dont il est un modèle est bayésien (en un sens qui resterait à préciser) ? L'ouvrage se veut abordable par un lectorat certes motivé, mais pas nécessairement spécialiste. L'exposé est pluridisciplinaire et tous les auteurs sont familiers ou acteurs, en leur domaine, des développements les plus contemporains du bayésianisme. Il s'agit de faire comprendre l'intérêt des approches bayésiennes, parfois en les comparant aux méthodes plus classiques avec lesquelles elles viennent rivaliser, et en explorant un éventail de projets et de disciplines qui soit aussi large que possible. Un tel projet éditorial est inédit en français.

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Tumultes N° 47, octobre 2016 : Utopia Nova - La démocratie, radicalement

Kimé - Novembre 2016



SOMMAIRE

Partie 1: Utopie et conflictualité

Patrice Vermeren : La carte du monde et le cercueil de l’utopie

Ricardo Peñafiel : Espaces utopiques, ou l’eutopie concrète de l’action transgressive

Étienne Tassin : Le rêve, le désir et le réel. Marx ou Cabet

Lewis Gordon : Toujours plus haut : Mohammed Ali

Partie 2: Exploration de l’ailleurs

« Utopier le désir ! ». Entretien avec Alain Damasio

Sylvia D. Chrostowska : La réparation somatique. Utopie, corps, politique

Éric Fabri : Socialisme et utopie. L’autonomie de Fourier à Castoriadis

Alice Carabédian : Circonstances Spéciales ou l’utopie radicale

Partie 3 : Insuffler l’utopie au cœur de la démocratie ?

Manuel Cervera-Marzal : La démocratie sous tension. Radicalité et utopie, sœurs ennemies de l’aventure démocratique

Anders Fjeld : Repenser l’utopie avec Rancière. Expérimentations et suridentification au Familistère de Guise

Brice Nocenti : Vers un dépassement de la critique radicale-démocratique de l’utopie ?

mercredi 30 novembre 2016

Alain de Libera : L’archéologie philosophique

Librarie Philosophique J. Vrin - Novembre 2016


On doit à Kant l’idée d’archéologie philosophique, et à Foucault sa définition : l’histoire de « ce qui rend nécessaire une certaine forme de pensée ». Les dix leçons de chose ici éditées veulent définir et illustrer par l’exemple le sens de la démarche « archéologique » en histoire de la philosophie. On y fouille trois archives logiques et métaphysiques majeures dont on montre l’interconnexion, de l’Antiquité et du Moyen Âge à l’Âge classique et à la modernité : le dossier de la querelle des universaux, celui du statut ontologique du mal, celui du mode d’existence des fictions, en suivant pas à pas le travail des grandes figures de l’histoire philosophique de la philosophie, de Morhof († 1691) et Brucker († 1770) à Cousin († 1867), Reid († 1796) et Stewart († 1828). Grâce à des outils nouveaux, comme la notion de feed back textuel, on montre comment s’est constituée la distinction historiographique entre nominalisme, réalisme et conceptualisme qui articule toute l’histoire de la logique et de la psychologie à la fin du XIXe siècle. Attentif à la construction des « intrigues », on revient sur la promotion d’Abélard et de Descartes au rôle de figures porteuses du « grand récit » philosophique national. Soucieux de renouer l’alliance entre perspective génétique et méthode structurale, on tente de répondre sur un cas précis à la question foucaldienne des « règles de passage d’un événement de pensée à un autre », en l’occurrence : comment les médiévaux passent du « questionnaire de Porphyre » au « problème des universaux ». Bref : on plaide pour cette archéologie du texte et des concepts primitivement exclue par Foucault du domaine de l’archéologie du savoir.

Alain de Libera est professeur au Collège de France où il occupe la chaire d’histoire de la philosophie médiévale.

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mardi 29 novembre 2016

Christiane Baka Okpobé : Elan vital et mystique dans la pensée d'Henri Bergson

Presses universitaires de Strasbourg - Novembre 2016


La première conception de la religion que nous livre Bergson dans Les Deux Sources de la morale et de la religion semble se réduire à un fait anthropologique. Cette religion, qu'il décrit comme une réalité statique, brouille toute idée de révélation qui se veut pourtant transcendante à l'Histoire. La deuxième conception, par contre, sans être une réflexion systématique sur l'idée d'un Dieu révélé, s'en rapproche par le biais des mystiques. Mais, là encore, se présente une difficulté : pour rejoindre la mystique, Bergson la situe dans le processus évolutif d'une réalité naturelle, l'élan vital dont il suit le cours jusqu'à son achèvement. Ainsi se pose la question de la nature transcendante ou non du fait mystique dans le bergsonisme. La réponse à cette question nécessite, non pas seulement une intelligibilité de l'image la plus controversée du vocabulaire bergsonien, l'élan vital, mais surtout une sympathie avec elle, qui seule permet d'aller au-delà de la rigidité des mots pour découvrir la vie qui les innerve.

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Emanuele Coccia : La vie des plantes. Une métaphysique du mélange

Rivages - Novembre 2016 - Bibliothèque rivages


Elles sont parmi les habitants les plus nombreux de notre planète et pourtant la philosophie les a négligées, voire haïes : les plantes ont depuis toujours été la cible d'un snobisme métaphysique. Malgré le développement de l'écologie, la démultiplication des débats sur la nature ou sur les questions animales, les plantes – leur forme de vie, leur nature – restent une énigme pour la philosophie. En mêlant exemples tirés de la philosophie, des sciences naturelles et de l'art, ce livre s'efforce de pénétrer le mystère de ces êtres singuliers.

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