samedi 24 septembre 2016

Karl Marx, Bruno Bauer, Nicolas Dessaux : La Trompette du Jugement dernier (Suivi de : De Marx comme trompettiste)

L'Echappée - Septembre 2016



En 1841 paraît un livre anonyme intitulé La Trompette du Jugement dernier contre Hegel l’athée et l’antichrist. Sa cible : la philosophie hégélienne, accusée de propager un esprit de subversion contre la religion et les institutions. Œuvre d’un dévot ou canular destiné à tromper l’œil du censeur ? Stirner, Bakounine, Engels s’enthousiasment pour ce brûlot qui livre les clefs d’une lecture radicale de Hegel. Bientôt, des noms circulent : il serait l’œuvre impie d’un célèbre théologien, Bruno Bauer, et de son disciple encore inconnu, un étudiant nommé… Karl Marx.
Dans l’essai qui accompagne la republication de ce pamphlet, Nicolas Dessaux démontre qu’il s’agit bien du premier livre publié de Marx. C’est l’ancrage dans la philosophie hégélienne qui donne toute sa puissance révolutionnaire à la théorie marxienne, inspirant non seulement sa critique de la religion mais aussi sa critique du capitalisme en tant que religion. Et l’on redécouvre ainsi un Marx humaniste, dialecticien, critique de l’aliénation, aux antipodes de l’image pétrifiée qu’en a donné le marxisme orthodoxe.
Un texte indispensable pour connaître les prémisses philosophiques de la pensée marxienne.

Nicolas Dessaux fait partie de ceux qui ne conçoivent pas la réflexion philosophique indépendamment de l’action révolutionnaire. Militant politique et syndical, il a notamment publié Résistances irakiennes. Contre l’occupation, l’islamisme et le capitalisme (L’échappée, 2006).


acheter ce livre

Etienne Balibar : Des universels. Essais et conférences

Editions Galilée - Septembre 2016 -  La philosophie en effet


" Cet ouvrage recueille une série d'essais et de conférences, s'échelonnant sur un peu plus de dix ans, jusqu'à aujourd'hui, mais que j'ai conçus à chaque fois comme la poursuite d'une même investigation. Le temps est venu, me semble-t-il, non pas de leur procurer une " conclusion ", mais d'en éprouver la continuité et la complémentarité. Pour ce faire, je les ai adaptés en français (lorsqu'ils avaient été rédigés en anglais, en diverses circonstances que je rappellerai plus bas), harmonisés et parfois complétés (en particulier de quelques références indispensables). Leur objectif est de problématiser notre conception de l'universel, afin de contribuer à la clarification des débats sur le sens et la valeur de l'universalisme. Cette notion aujourd'hui chaudement disputée (on a pu parler d'une " querelle de l'universalisme ", comme naguère à propos de l'humanisme) ne saurait être univoque, elle doit être pluralisée, ou plutôt différenciée, pour deux raisons dont l'ensemble fait une dialectique sans fin préétablie : d'une part toute énonciation de l'universel (par exemple les " droits de l'homme ") est située dans un cadre géographique et historique (qu'on peut appeler une civilisation) qui l'affecte dans son contenu ; d'autre part l'énonciation de l'universel n'est pas tant un facteur d'unification des êtres humains que de conflit entre eux et avec eux-mêmes. Disons qu'elle n'unit qu'en divisant. Encore faut-il essayer de mettre un peu d'ordre dans cette " équivocité de l'universel ", qui tout à la fois engendre la dérive des discours universalistes et aide à formuler l'exigence qui les traverse. Le coeur de l'ouvrage est constitué par deux longs essais qui tentent une problématisation originale des contradictions de l'universel, et par conséquent de sa " dialectique ". Dans l'un, issu de conférences prononcées en 2005 aux Etats-Unis, " Constructions et déconstructions de l'Universel ", je déploie, en m'appuyant essentiellement sur Hegel et sa postérité (jusqu'à Derrida), la notion d'une " universalité conflictuelle ", en passant de l'énonciation à la domination, et de celle-ci à la subjectivation des " porteurs de l'universel " qui mesurent l'être de la communauté à l'idéal d'universalité. Dans l'autre, issu de ma contribution à une enquête internationale de la revue Topoi sur les " tâches " de la philosophie contemporaine (2006), j'examine l'articulation du problème de l'universalité avec celui de l'université, et je décris les trois grandes " stratégies " qui ont été mises en oeuvre par les philosophes modernes (de Spinoza et Hegel à Wittgenstein, Quine et Benjamin) pour penser sub specie universitatis : disjonction, totalisation, traduction. Ces essais sont encadrés par des " discussions ", dans lesquelles je me suis confronté aux positions et aux objections d'auteurs contemporains qui ont défendu, parmi d'autres, une position différente dans la " querelle de l'universalisme ", à laquelle j'emprunte néanmoins des questions et des notions importantes à mes yeux : en particulier Alain Badiou, Judith Butler et Joan Scott. " (E.B.)

acheter ce livre

Thierry Paquot : Lettres à Thomas More sur son utopie (et celles qui nous manquent)

La Découverte - Septembre 2016 - Cahiers libres


Mon cher Thomas, 
C'est inconscient de mon audace que j'ose m'adresser à toi, l'Humaniste, l'auteur de L'Utopie – publié il y a tout juste cinq cents ans –, d'abord pour te remercier de ce texte si original qui a nourri d'innombrables rêves pour changer la société. 
Tu ne me croiras pas, mais dans la jeune URSS, des ouvriers ont donné ton nom à leur soviet. Et, de son côté, le Vatican t'a canonisé ! Quel héritage ! Quand on pense que toi, l'Érudit, tu es devenu chancelier du roi Henri VIII (qui t'a fait décapiter...), que tu n'as pas mis en œuvre une seule réforme digne de ce nom (toi, le saint patron des gouvernants), tu comprendras que ta vie, ton œuvre et sa postérité restent un vrai mystère... 
Depuis quelque temps, l'utopie a mauvaise presse – il faudra que je te parle de ces " totalitarismes " qui ont abîmé ta belle idée. Et pourtant, je connais nombre de mes contemporains qui seraient ravis de ta proposition de réduire le temps de travail quotidien à 6 heures ou celle de laisser tout individu libre de croire dans le dieu qu'il veut. Qu'est-ce qu'un bon gouvernement ? Comment mettre fin à la guerre ? Comment libérer l'individu tout en assurant les conditions de son bien-être social ? Toutes ces questions étaient les tiennes. Je suis persuadé que notre époque est en panne, que notre imaginaire politique bégaie ou fait du sur place. Il lui faut carburer à l'utopie pour quitter cette désespérance et avancer sur le chemin des possibles. 
En ta précieuse compagnie. 
Bien à toi, 
Thierry

Thierry Paquot, philosophe de l'urbain, participe depuis plus de trente ans aux débats sur la ville, l'architecture et l'urbanisation. Il a notamment publié, à La Découverte, Terre urbaine (2006, 2016), Utopies et utopistes(2007), L'Espace public (2009), Introduction à Ivan Illich (2012) Désastres urbains (2015) et Le paysage (2016).

acheter ce livre

Jerôme Correia : Le Livre Noir des Philosophes

Edilivre-Aparis - Février 2016


Tout le monde connaît le procès du philosophe grec Socrate à l'issue duquel il fut condamné à boire la ciguë. Mais qui sait que Démocrite, Platon, Aristote, et bien d'autres encore, ont eu à rendre des comptes devant la justice ? La vie de philosophe n'est que rarement un long fleuve tranquille ! La philosophie ne s'est jamais résumée à une discussion raisonnée et cordiale de thèses policées. Des luttes violentes s'y jouent...
Sorte de livre noir de la philosophie, cet essai « poly-biographique » tente de décrypter le lien entre les idées et la vie de nombreux philosophes. De courtes scénettes nous feront ainsi plonger dans l'ambiance particulière de l'époque, redonnant enfin une assise historique aux concepts philosophiques.

acheter ce livre

Katia Genel : Hannah Arendt. L'expérience de la liberté

Belin - Septembre 2016 - Le chemin des philosophes


Née en 1906 en Allemagne où elle s'est formée à la philosophie, juive, exilée en France puis aux États-Unis, Hannah Arendt a été projetée dans l'étude de la pensée politique par la force de l'histoire. Longtemps considérée comme une historienne, une journaliste ou une essayiste, Hannah Arendt est désormais reconnue comme penseur central du XXe siècle. Il s'agit de comprendre à la fois le travail théorique qu'elle a mené et sa revendication d'être, non pas une « philosophe », mais une théoricienne du politique. Sa volonté de pratiquer la philosophie en se situant hors champ n'est pas une simple critique de la tradition : elle inaugure une nouvelle manière de philosopher, où l'expérimentation conceptuelle ouvre de nouveaux champs pour la pensée.

Katia Genel, agrégée et docteure en philosophie, maître de conférences à l'Université de Paris I, a publié notamment Autorité et émancipation. Horkheimer et la Théorie critique (Payot, 2013).

acheter ce livre

samedi 17 septembre 2016

André Hirt : Staccato. Musiques, existences, philosophies

Editions Kimé - Septembre 2016 - Collection : Bifurcations


La musique comme chemin d'existence et pour la penser... En effet, les moments d'intervention de la musique, de toutes les musiques, au fil des jours et au long de la vie ne manquent pas d'être signifiants. Ils instruisent autant sur la musique elle-même que sur la pensée et sur l'existence. Il serait prétentieux d'en produire une théorie générale. Toutefois, la voie de la chronique, jour après jour, aura tissé des fils permettant de s'attarder sur le sens, nécessairement ponctuel et subjectif (chacun pourra substituer son écoute et ses pratiques propres), de l'Adieu en musique, des affinités qu'elle manifeste et peut-être révèle, de ses rapports avec telle image ou peinture, plus étonnamment avec la photographie, avec le son en général, la vérité ou encore le style. On verra aussi comment la musique s'entend dans le rêve et comment elle nous porte à considérer les animaux. Des oeuvres, des musiciens, et quelques philosophes et écrivains s'imposeront (Le Voyage d'Hiver, Le Boléro, Le Sacre du Printemps, Pelléas ; Haydn, Schubert, Mahler, Chostakovitch ; Descartes, Nietzsche, Adorno ; Goethe, Gerhard Meier, Sandor Maraï...). C'est pourtant davantage une vie dans la musique et par elle que la théorisation sur la musique qui inspire chacun des textes présentés ici. En s'efforçant de relever et de piquer leur objet, donc en le séparant et le thématisant staccato, peut-être la chance sera-t-elle donnée d'entrevoir l'existence dans sa continuité, legato.

André Hirt enseigne la Philosophie en khâgne au Lycée Faidherbe de Lille. Il a publié de nombreux ouvrages aux éditions Kimé, entre autres sur Glenn Gould, Baudelaire, Descartes, Kleist, Karl Kraus, Robert Musil et Philippe Lacoue-Labarthe.

acheter ce livre

Annie Boisclair : L'enseignement parfait selon Mou Zongsan, philosophe chinois

Liber - Septembre 2016



On connaît peu la pensée chinoise contemporaine. Annie Boisclair s'intéresse ici tout particulièrement au philosophe Mou Zongsan (1909-1995) au parcours singulier. D'origine modeste, il quitte le milieu rural de Shandong pour aller étudier à l'université de Pékin en 1929. Juste avant la prise du pouvoir par les communistes en 1949, Mou fuit à Taïwan puis, plus tard, à Hong Kong. Il enseignera dans diverses universités et les turbulences sociales et politiques de la Chine seront intimement liées à l'approfondissement de sa connaissance de la tradition intellectuelle chinoise qu'il mettra en relation avec les courants philosophiques occidentaux. C'est le dialogue entre les deux traditions et leur fécondation mutuelle que Annie Boisclair fait apparaître en suivant la pensée du philosophe. De tous les penseurs de ce courant, peu ont eu autant d'influence que Mou Zongsan. Mou supposait que les Chinois subiraient une perte d'identité culturelle s'ils ne valorisaient que le savoir étranger et, en même temps, que la civilisation chinoise ne survivrait pas à un enfermement sur elle-même. La pensée de Mou intégrait déjà plusieurs traditions fondamentales chinoises comme le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme, il était donc naturel d'y inclure des courants de philosophie occidentale. Rarement traduit en français, l'auteure propose en annexe de l'ouvrage quelques pages du philosophe.


acheter ce livre

Les Etudes philosophiques 2016/3 : Leibniz en 1716 : une dernière philosophie ?

PUF - Septembre 2016


Coordonné par Michel Fichant et Paul Rateau

Michel Fichant, Paul Rateau
Leibniz en 1716 : une dernière philosophie ?

Arnaud Lalanne
Les dernières évolutions du principe de raison suffisante

Christian Leduc
L’autonomie épistémologique de l’analogie chez Leibniz

Paul Rateau
Les preuves leibniziennes de l’existence de Dieu : la « voie » du mouvement

Catherine Wilson, Traduction par Geneviève Lachance, revue par Paul Rateau
Plénitude et compossibilité

Francesco Piro
L’argument du « miracle perpétuel » et ses conséquences. Dispositions naturelles et action de la créature dans les derniers écrits de Leibniz

Anne-Lise Rey
« Les antipodes du pourquoi suffisant » ou Comment rendre une fiction raisonnable ? La dispute sur l’atomisme entre Leibniz et Hartsoeker.

Luca Basso
Félicité commune et inquiétude dans la pensée politique de Leibniz

Gaëlle Demelemestre
Compte rendu


acheter ce livre

Céline Bonicco-Donato : Une archéologie de l'interaction. De David Hume à Erving Goffman

Librairie Philosophique Vrin - Août 2016 - Collection : Analyse et philosophie


Sociologue des miettes de la vie quotidienne, Erving Goffman (1922-1982) n’a cessé de s’intéresser aux interactions en face-à-face et aux relations en public. Ses analyses de l’infiniment petit qui compose la trame de nos rencontres ordinaires apparaissent profondément déconcertantes : sans exclure une portée politique et critique, elles négligent les structures macrosociales, dépsychologisent l’expérience en la saisissant à partir de l’organisation des situations et envisagent l’espace public moins comme lieu de l’opinion collective que comme scène physique.
Mettre en évidence les conditions d’émergence de la pensée de Goffman permet de comprendre son originalité et d’explorer une articulation méconnue entre la philosophie et la sociologie. En effet, l’interactionnisme naît de la recomposition et de l’infléchissement de plusieurs discours se déployant depuis le Traité de la nature humaine de David Hume et son examen de la « sympathie ». Ce concept circule dans différents énoncés qui assurent son basculement du champ de la philosophie vers celui des sciences humaines : la psychologie expérimentale et la sociologie françaises de la fin du XIXe siècle, le pragmatisme américain ainsi que les analyses urbaines de l’école de Chicago. Un retour à Hume invite à prendre la mesure de la force des Lumières écossaises et souligne leur fécondité conceptuelle et épistémologique.

Céline Bonicco-Donato, ancienne élève de l’École Normale Supérieure, agrégée et docteur en philosophie, est maître-assistante en sciences humaines et sociales à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble.

acheter ce livre

vendredi 16 septembre 2016

François Rastier : Créer. Image, Langage, Virtuel

Casimiro - Septembre 2016


La création est-elle imitation ou subversion du réel ? Mensonge ou vérité ? Quel est son matériau ? Quelles furent les rivalités de la poésie et de la peinture ? Que peuvent l'image et le langage ? A ces questions traditionnelles s'en ajoutent de nouvelles. Qu'est-ce que le virtuel ? Les machines peuvent-elles créer ? A partir de débats anciens, ce livre entend éclairer ceux d'aujourd'hui ; mais aussi dessiner la figure changeante de l'artiste et peut-être surprendre quelques transparents secrets des oeuvres – qui résistent à l'ommiprésence des produits.

François Rastier, sémanticien, est docteur en Linguistique et Directeur de Recherche au CNRS, il a notamment publié Ulysse à Auschwitz - Primo Levi, le survivant, Editions du Cerf, 2005 ; La mesure et le grain - Sémantique de corpus, Champion, 2011 ; Apprendre pour transmettre. L'éducation contre l'idéologie managériale, PUF, 2013 ; Saussure au futur, Les Belles Lettres, 2015 et Naufrage d'un prophète. Heidegger aujourd'hui, PUF, 2015.

acheter ce livre

Anne Merker : Le principe de l'action humaine selon Démosthène

Belles lettres - 12 septembre 2016 - Collection : L'âne d'or


Comment un philosophe comme Aristote en est-il venu à théoriser l'action et à penser son principe comme une prohairesis ? Que signifie cette prohairesis ? En rupture avec l'interprétation traditionnelle qui en fait un "choix délibéré" voire une "décision", Le Principe de l'action humaine selon Démosthène et Aristote montre que la prohairesis doit être pensée comme la "saisie anticipée" d'une fin, un "dessein" dont la structure ouvre la temporalité spécifiquement humaine de l'action. Première étude systématique de la prohairesis chez les auteurs grecs, depuis son apparition jusqu'à l'époque d'Aristote (Thucydide, Aristophane, Phérécrate, Lysias, Isocrate, Isée, Xénophon, Platon, Démosthène, Lycurgue, Eschine, Hypéride, Dinarque, Démade, Aristote), complétée par une relecture de la notion de hairesis à partir d'Homère, ce livre met à la disposition des lecteurs les résultats d'une enquête terminologique exhaustive et les accompagne d'une interprétation philosophique. L'analyse de l'Iliade et des discours des orateurs attiques y rencontre l'explication conceptuelle des traités éthiques d'Aristote, et Démosthène s'y révèle comme un personnage qui compte dans l'histoire de la pensée philosophique de l'action et de la responsabilité humaine.

Anne Merker est agrégée de philosophie, professeure de philosophie à l'université de Strasbourg, Fellow de l'USIAS (Institut d'études avancées de l'Université de Strasbourg). Elle a publié La Vision chez Platon et Aristote (Sankt Augustin : Academia, 2003), et Une morale pour les mortels. L'éthique de Platon et d'Aristote (Les Belles Lettres, 2011 ; Prix Joseph-Saillet 2013 / Académie des Sciences morales et politiques), ainsi que des actes de colloques dans Les Cahiers philosophiques de Strasbourg (La Personne, 2012/1 ; Heidegger, la Grèce et la destinée européenne, 2014/2 ; Nietzsche, philologue et philosophe, en cours, 2016/2).

acheter ce livre

Catherine Chalier : La gravité de l'amour

PUF - Septembre 2016



La vision d'un judaïsme privé de toute ouverture sur l'amour, celui de Dieu comme du prochain, doit être remise en cause. Issue du christianisme, sa postérité a été longue, y compris chez les philosophes, et elle demeure un préjugé chez nombre de personnes souvent déchristianisées. Sur la base de textes écrits par des philosophes ou des spirituels (surtout hassidiques) juifs, cet ouvrage analyse la façon dont une pensée très profonde relative à cet amour anime depuis toujours le judaïsme, sans minimiser sa complexité et ses difficultés. Comment interpréter les passages bibliques qui parlent de la crainte de Dieu ? Comment conjuguer l'importance de la Loi et des préceptes avec cet amour ? Comment penser ensemble amour de Dieu et amour du prochain ? Ou encore comment percevoir l'amour de Dieu dans un monde qui semble déserté par Lui ? Comment relier l'amour lié au désir et au manque (éros) à l'amour qui donne (agapè ou hesed) ? Cet amour va-t-il jusqu'à la mort ? La gravité le poids, le centre de l'amour dépend des réponses à ces questions.

Catherine Chalier, professeure émérite de philosophie à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, a publié de nombreux livres sur la source hébraïque de la pensée et son lien à la philosophie, dont Lire la Torah (Seuil) et Aux sources du hassidisme, le Maggid de Mézéritch (Arfuyen).

acheter ce livre