dimanche 19 février 2017

Guy-Félix Duportail : Du réel

Hermann - Février 2017 - Philosophie


Le réalisme ou, comme on dit encore, le nouveau réalisme, apparaît aujourd’hui comme l’orientation philosophique dominante dans les discussions et ouvrages de recherche. D’Hilary Putnam à Maurizio Ferraris, en passant par Jocelyn Benoist ou Quentin Meillassoux, le courant réaliste, même s’il recouvre à l’évidence des options et des analyses très diverses, apporte des questions neuves. Après le moment sceptique de la pensée post-moderne, un puissant désir de réalité se fait entendre dans les milieux philosophiques à l’échelle internationale. Il s’inscrit lui-même dans le prolongement de la critique philosophique de la notion de « représentation », telle qu’elle s’est développée aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, de Hegel à Foucault. 
À cet égard, la distinction psychanalytique élémentaire du réel et de la réalité a, de toute évidence, un rôle critique à jouer dans un débat qui ne fait que commencer. Car, au fond, s’agit-il vraiment du réel, ou bien d’un fantasme dans ce qui est visé aujourd’hui sous le nom de réalité ?

Guy-Félix Duportail est maître de conférence à l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, où il anime le séminaire "Philosophie et psychanalyse".

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Daniel Bourgeois : Être et signifier. Structure de la sacramentalité comme signification chez saint Augustin et saint Thomas d'Aquin

Vrin - Janvier 2017 - Bibliothèque thomiste


Ce n'est pas un hasard si toutes les réflexions antiques et médiévales sur le signe et la signification en venaient à privilégier l'acte de signifier par rapport au contenu de la signification ou à la possibilité de constituer une pluralité de signes en système. Tout comme l'acte d'être est premier par rapport à l'essence, de même la structure ontologique de la signification serait, dans un monde où toute chose est ontologiquement référée à la plénitude personnelle de Dieu, cette donnée de fait qui constitue le préalable et le fondement d'où surgit la diversification des rapports à l'Etre et à tout être, sous l'objet formel du vrai, du bien et du beau. D'où la question qui anime cette étude : la sacramentalité chrétienne comme vie de relation personnelle et ecclésiale avec Dieu ne devrait-elle pas être comprise comme un "transcendantal" ? La particularité des transcendantaux dans la pensée de Thomas d'Aquin, c'est leur convertibilité. Le fait que toute réalité spirituelle peut faire signe ou interpréter ce qui a valeur de signe, est considéré par lui comme une des manifestations les plus accomplies de l'intelligence (humaine ou divine) ; et le fait que toute réalité même non spirituelle porte toujours au plus profond d'elle-même la référence au fondement spirituel dans lequel et par lequel elle existe comme signe d'elle-même ou d'un autre être, est une donnée ontologique fondamentale et préalable même à la reconnaissance de l'unité, de la vérité, de la bonté ou de la beauté des choses. De fait, c'est la dimension de tout être en tant qu'il existe comme présence à l'autre ou comme susceptible d'accueillir la présence de l'autre. L'acte de signifier n'est pas ce qui s'oppose à l'être en le nommant ou en le montrant. Il est la vie même de l'être...

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Christiane Baka Okpobé : Elan vital et mystique dans la pensée d'Henri Bergson

Presses universitaires de Strasbourg - Décembre 2016 - Collection : CERIT


La première conception de la religion que nous livre Bergson dans Les Deux Sources de la morale et de la religion semble se réduire à un fait anthropologique. Cette religion, qu'il décrit comme une réalité statique, brouille toute idée de révélation qui se veut pourtant transcendante à l'Histoire. La deuxième conception, par contre, sans être une réflexion systématique sur l'idée d'un Dieu révélé, s'en rapproche par le biais des mystiques. Mais, là encore, se présente une difficulté : pour rejoindre la mystique, Bergson la situe dans le processus évolutif d'une réalité naturelle, l'élan vital dont il suit le cours jusqu'à son achèvement. Ainsi se pose la question de la nature transcendante ou non du fait mystique dans le bergsonisme. La réponse à cette question nécessite, non pas seulement une intelligibilité de l'image la plus controversée du vocabulaire bergsonien, l'élan vital, mais surtout une sympathie avec elle, qui seule permet d'aller au-delà de la rigidité des mots pour découvrir la vie qui les innerve.

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Marcel Conche : Nouvelles pensées de métaphysique et de morale

Encre Marine - Janvier 2017


Marcel Conche, né en 1922 à Altillac (Corrèze), est agrégé de philosophie, docteur ès-lettres, professeur émérite à l'université de Paris-I, membre associé de l’académie d’Athènes. Ses principaux ouvrages sont les suivants : Orientations philosophiques (Encre marine), Présentation de ma philosophie (Editions HD), Présence de la nature (PUF), Penser encore (Encre marine). Il a également mené à bien des éditions critiques d’Épicure, Héraclite, Parménide et Anaximandre (PUF).     
Sommaire

1. Peut-on dire qu'une philosophie est « vraie » ?
2. Vérité scientifique et vérité philosophique
3. La réalité des philosophies
4. Les deux systèmes de métaphysique
5. Les points cardinaux de ma philosophie
6. Comment je vois la Nature
7. L'Être
8. Les êtres
9. La vérité ou le bonheur
10. Liberté et causalité
11. Les trois libertés
12. Le rêve n'est pas interprétable
13. Kant et la première antinomie de la raison pure
14. Je n'ai pas de valeur morale
15. Une difficulté pour Kant
16. Kant contre Spinoza
17. Faire son devoir
18. La timidité de Kant
19. Bergson, Kant et la preuve ontologique
20. Bergson et Eucken
21. Palmyre
22. Comment philosopher
23. La religion philosophique de Spinoza
24. Husteron proteron
25. Comment philosopher (II)

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Karl Marx : Le capital. Livre 1 (nouvelle traduction)

Les Editions sociales - Décembre 2016 - Collection : Les essentielles


Le Capital est l'oeuvre maîtresse de Karl Marx. Il fait partie de ces quelques productions de l'esprit qui font le corps du débat sur les sociétés humaines et leur devenir. La première publication en français de la quatrième édition allemande (1890) du livre 1 du Capital a été assurée aux Editions sociales par Jean-Pierre Lefebvre. Elle a paru en 1983. Pour cette nouvelle édition de 2016, Jean-Pierre Lefebvre donne une traduction entièrement révisée. Elle est précédée d'un avant-propos qui présente les nouveaux choix de traduction et propose le sens de cette révision : "Ainsi le traducteur peut-il se dire heureux quand il peut revenir sur ce qu'il a écrit, offrir au livre une attention nouvelle, grosse de ce que la communauté des lecteurs lui a suggéré, ou de ce qu'il a lui-même su devoir faire vivre autrement : sa joie s'origine dans la conviction que la puissance d'agir du livre requiert cette mission, que son essence ne peut se déployer autrement."

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vendredi 17 février 2017

Johann Michel : Philosophie et sciences sociales. Quand la sociologie, l'anthrologie et l'ethnologie s'émancipent de la philosophie (livre audio)

Frémeaux & Associés - Février 2017


Il n'est pas anodin que les grandes figures sociologiques du XXe siècle, Durkheim, Mauss, Lévi-Strauss ou Bourdieu, aient été formées initialement à la philosophie. D'abord timidement, puis farouchement, la sociologie, ou encore l'anthropologie et l'ethnographie, prennent au cours du siècle leur indépendance face à la paternité philosophique pour créer la nouvelle dénomination des sciences sociales. La réflexion se déplace de l'individu vers le collectif, du concept pensé vers le fait constaté : méthodologie, objets de recherche ou rôle social, tout est à inventer. 

Johann Michel, Docteur de l'EHESS en philosophie et agrégé de science politique, déroule les sources communes, les liaisons conceptuelles et les rivalités latentes de la philosophie et des sciences sociales. 

Contenu :
Première partie : les sources philosophiques des sciences sociales 1 ;
Deuxième partie : les sources philosophiques des sciences sociales 2 ;
Troisième partie: rivalités et controverses ;
Quatrième partie : une nouvelle dynamique de collaboration des savoirs.

Cet audio est accompagné d'un document annexe se trouvant dans votre bibliothèque après achat.

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Sylvain Roux : L’être et le substrat. Essai sur Plotin et la métaphysique

Vrin - Février - Histoire des doctrines de l’antiquité classique


La notion de substrat a acquis progressivement une place centrale dans la philosophie ancienne, en particulier chez Aristote et chez les Stoïciens. Elle permet au premier, dans les textes de la Physique et des Catégories, de penser par exemple les notions de matière et de substance, de même qu’elle intervient dans la constitution de son projet métaphysique qui fait de la substance l’objet de la science recherchée. Les stoïciens aussi accordent une grande importance à cette notion puisqu’ils en font le premier des genres à partir desquels ils analysent toute réalité. La notion de substrat est donc au cœur de la réflexion sur la question de l’être et son rôle est déterminant pour comprendre le traitement que reçoit cette question, de même que pour saisir le sens de la discipline (la métaphysique) qui prétend en faire son objet propre. Que devient cette question chez un auteur comme Plotin, avec lequel commence la tradition dite néoplatonicienne? L’hypothèse de ce livre est que Plotin l’aborde en cherchant à défaire le lien établi avant lui, entre la substance et le substrat, et plus largement entre la métaphysique comme science de l’être et la question du substrat. Une nouvelle conception de l’être en résulte, qui repose sur des modèles originaux (l’implication et la coexistence) que l’on s’attache ici à mettre à jour et qui permettent de saisir la place singulière qu’occupe la pensée de Plotin dans l’histoire de la métaphysique.

Sylvain Roux est maître de conférences à l’Université de Poitiers. Ses travaux portent sur le platonisme ancien, plus particulièrement sur Plotin et le néoplatonisme mais aussi sur les prolongements de la pensée ancienne dans la pensée française contemporaine.

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Rabanel : Epistémologie de l'art vivant. L'inversion au coeur du spectacle

Editions L'Harmattan - Février 2017


Voici conceptualisées les innovations de l'épistémologie et de la théâtrologie de l'art vivant (théâtre, danse, mime, carnaval, concert, opéra, cirque, comédie musicale, arts de la rue, etc.). Cette étude expose les principes fondamentaux et analyse l'inversion capitale qui s'est opérée au niveau du phénomène spectaculaire entre le texte et la scène, l'avant et l'après, le virtuel et le réel, la littérature et le théâtre. Qu'est-ce que l'art vivant? En quoi et comment les savoirs les plus avancés éclairent-ils la situation du théâtre et de la scène aujourd'hui? Quelles sont les caractéristiques des spectacles et des créations performatives? Quels sont leurs modes de fonctionnement ?

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Jean Lombard : Philosophie du vieillir. Existence et temporalité dans la pensée antique

Editions L'Harmattan - Février 2017


La vieillesse apparaît avec une espèce d'évidence énigmatique. Etre vieux, c'est vivre dans la certitude que le véritable après se fera sans vous. Pour autant, vieillir n'est pas seulement passer de la maturité à un âge qu'on dit avancé, mais commencer, à un moment par nature insaisissable, à devenir autre en continuant à devenir soi. La vieillesse sest ainsi imposée à l'observation des hommes dès les premiers temps de la Grèce, d'abord dans une anthropologie fondée sur le regard des dramaturges, des poètes et des acteurs de la cité, puis sur la science naissante et sur le premier discours médical, avant que la philosophie, avec Platon, disciple du septuagénaire Socrate, y découvre un poste avancé de l'existence, où se croisent la vie, la mort et le temps. De cette rencontre du chant du cygne et de l'oiseau de Minerve naîtra une éthique de l'existence ultime dont la modernité, si ardente à prolonger la vie, éprouve chaque jour le besoin. 

Jean Lombard, ancien élève de I 'École Normale Supérieure de Saint- Cloud, Inspecteur d'Académie, docteur d 'Etat, a confronté dans une vingtaine d'ouvrages l'Antiquité et la modernité à partir des champs philosophiques de la politique, de l'éducation et de la médecine en Grèce ancienne.

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Collectif : Nietzsche et la guerre

Editions le Mono - Février 2017


L’un des penseurs les plus cités au monde, Nietzsche influence toujours de nombreux philosophes modernes. L’œuvre entière de Nietzsche est dominée par le fait capital de la guerre, et elle s’explique, d’un bout à l’autre, par l’ébranlement nerveux que la vue immédiate des combats produisit en cette sensibilité maladive. Car Nietzsche fut malade presque toute sa vie, mais un malade de constitution robuste, qui lutte désespérément contre son mal et qui ne veut pas s’avouer vaincu par lui. C’est en qualité d’ambulancier qu’il suivit les débuts de la campagne. Il assista peut-être aux combats qui se livraient sous Metz et parcourut les champs de bataille de Lorraine. Ce court passage au milieu des armées victorieuses de son pays, ce rapide contact avec la force brutale suffit pour le griser. Jusqu’à son dernier souffle, il fut ivre de cette mauvaise ivresse. - «Au désavantage de la guerre on peut dire : elle rend le vainqueur brute, le vaincu méchant. En faveur de la guerre : elle introduit la barbarie dans les deux conséquences susdites, et par là ramène à la nature : elle est pour la civilisation un sommeil ou un hivernage, l’homme en sort plus fort pour le bien et pour le mal. » (Nietzsche, dans Humain, trop humain.)

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jeudi 16 février 2017

Judith Butler, Ernesto Laclau, Slavoj Žižek : Après l'émancipation. Trois voix pour penser la gauche

Seuil - Février 2017 - L'ordre philosophique



Composé de façon originale - chacun a adressé aux deux autres une série de questions sur des points centraux de leur réflexion, si bien que le livre est composé de trois séries de trois essais au fil desquels la réflexion progresse sans éviter la confrontation des points de vue -, ce texte fait entendre plusieurs voix qui ont contribué à renouveler la compréhension que « la gauche » post-marxiste a d'elle-même : Quelle identité politique pour la gauche après la fin de l'« essentialisme de classe » diagnostiqué par Laclau, au profit d'une compréhension plurielle des « demandes sociales » et de la construction d'une « hégémonie » sur celles-ci ? Faut-il abandonner le concept de lutte des classes ou, comme le propose Žižek, le retraduire pour mesurer sa pertinence contemporaine ? Comment les luttes autour des questions de « genre », dont Butler a été une figure de proue théorique, ont-elles transformé notre compréhension de l'identité, du soi et de sa fragilité ? Quelles voies s'offrent pour résister à la puissance des marchés, à la dépolitisation et aux identités closes ou régressives ?Cet ouvrage permet ainsi d'appréhender de façon originale les positions de chacun des trois interlocuteurs qui, par leur confrontation, conduisent à réarticuler les questions cruciales, et toujours actuelles, de l'émancipation sociale, des revendications politiques identitaires, de la résistance, dans le contexte contemporain du capitalisme mondialisé et de sa difficile quête de « contre-hégémonies ».

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Mohamed Abou Hamid Al-Ghazali : La Balance de l'action

Riveneuve - Février 2017


Présentation de Sadek Sellam
Préface de Louis Massignon 
Traduction de Hikmat Hachem 

Bien avant Descartes, le lettré et soufi d'origine persane Mohamed Abou Hamid Al-Ghazali (1058-1111), connu en Occident sous le nom de Algazel, plaçait le doute au coeur de toute réflexion philosophique comme théologique ou scientifique. Dans le contexte actuel de suspicion de guerre des cultures ou des civilisations, il y est apparu opportun de rééditer un auteur majeur de l'islam qui jusqu'à une époque fort récente, constituait le courant dominant dans la théorie et la pratique de l'islam (sunnite en particulier). Ce géant de la pensée, au savoir encyclopédique, a influé sur la pensée islamique et défini sa pratique pendant près de neuf siècles. Il représentait " l'islam pacifique ".

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