dimanche 24 septembre 2017

Arnaud Tomès et Philippe Caumières : Pour l'autonomie. La pensée politique de Castoriadis

L'Echappée - Septembre 2017


Venu du marxisme, dont il a constaté très tôt les impasses, Cornelius Castoriadis a voulu réinventer la révolution. Selon lui, la modernité voit s’affronter deux projets de société : celui d’une maîtrise rationnelle du réel et celui d’une autonomie de toutes et de tous. Le premier a donné des résultats désastreux en engendrant le règne de la technique et de l’économie. Le second reste encore à construire pour qu’advienne une société vraiment démocratique dans laquelle le peuple se gouverne lui-même, se passant de toute classe dirigeante.
Castoriadis a mis en lumière les origines de ce projet d’autonomie qui remontent à la Grèce antique. Il en a analysé les expressions modernes, de la révolution russe de 1917 aux révoltes des années 1960. Mais surtout, il en a examiné les conditions pour que se développe une politique émancipatrice aujourd’hui : auto-organisation des luttes, pratique de l’égalité et sens des limites.
Ce projet d’autonomie n’est pas un programme clés en main. Il est un imaginaire autant qu’une expérience. Il est un horizon, celui d’une société consciente du fait que le pouvoir est l’affaire de tous. C’est cette réflexion multiforme et souvent complexe que présente et questionne ce livre qui offre pour la première fois une synthèse claire, accessible et percutante de la pensée politique de Castoriadis.

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Edouard Schaelchli : Ellul l'intraitable

Lemieux Editeur - Septembre 2017


Se plonger dans ­l'oeuvre et la vie de Jacques Ellul, c'est emprunter mille chemins : aborder le résistant et le Juste, le ­compagnon de route de la décroissance, le porteur ­d'une ambition critique radicale qui impressionnèrent Bernanos et Debord, mais aussi le protestant ­converti et ­s'inventant un christianisme très particulier, le " rhinocéros intellectuel " qui fonce sur tout ce qui bouge, le pessimiste résolu dans une société qui veut le Bien à tout prix. Mais aussi le duo intellectuel et virtuose formé avec Bernard Charbonneau et celui, théologien, formé avec Jean Bosc. Edouard Schalchli campe (et discute) le portrait – surtout pas ­l'hagiographie – de ­l'un des philosophes les plus impressionnants du XXe siècle. Et surtout ­s'interroge : ­comment être ellulien après Jacques Ellul ?

Edouard Schaelchli (né en 1964) a été enseignant puis berger avant de se lancer dans une thèse sur la pensée politique de Giono. Membre de la Société internationale des amis de Jacques Ellul, militant de la décroissance, il envisage de déserter à nouveau.

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Nicholas Carr : Remplacer l'humain. Critique de l'automatisation de la société

L'Echappée - Septembre 2017 - Collection : Pour en finir avec


Les systèmes automatisés ont envahi notre quotidien via les applications pour smartphone, les GPS, les objets connectés, les robots ou drones domestiques – et bientôt les voitures sans conducteur. Chaque jour plus innovantes, ces technologies se proposent de soulager notre esprit, de nous épargner des efforts inutiles et de supprimer frictions et ralentissements dans nos vies.
Censés alléger le travail des ouvriers et accroître les gains de productivité, l'automatisation a été introduite dans les manufactures pendant la révolution industrielle. Grâce à l'irrésistible essor de la robotique et de l'informatique, elle n’a cessé de se développer, d’abord dans l’industrie puis dans tous les domaines : aviation, finance, architecture, design, ressources humaines, médecine, justice, enseignement...
En s’appuyant sur des exemples concrets et des études scientifiques diverses, Nicholas Carr démontre que notre dépendance accrue aux systèmes automatisés n'est pas sans danger. En faisant de moins en moins appel à nos sens, à notre expérience et à nos facultés intellectuelles, nous risquons de perdre notre autonomie, nos savoir-faire et notre pouvoir de décision. C'est pourquoi il est urgent de nous opposer à l’automatisation intégrale de la société et de remettre en question le primat de la technologie sur l’humain.

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samedi 23 septembre 2017

Hannah Arendt : Humanité et terreur

Payot - Septembre 2017


Le charisme de Hitler ; l'art de terroriser les populations ; la responsabilité politique ; la destruction de la culture allemande ; le nationalisme et le fascisme ; l'"espace vide" dans lequel nous a laissés la Grande Guerre ; la pensée totalitaire ; la manière dont certains journalistes, historiens ou poètes, sont les gardiens de la vérité des faits : ce nouveau recueil de la grande philosophe, dont certains textes sont inédits en français, complète La Philosophie de l'existence et manifeste, à chaque page, ce qui l'anima toute sa vie : la passion de comprendre.

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Éric Hoppenot, Michel Olivier et Joëlle Hansel (dirs.) : Totalité et infini. Une oeuvre de ruptures

Editions Manucius - Septembre 2017 - Collection : Les Aldes


Totalité et infini (1961), œuvre majeure d’Emmanuel Levinas, est l’exposé de l’éthique de l’altérité qui a fait de lui l’une des figures les plus marquantes de la philosophie du XXe siècle. Dans la trace de lectures multiples (Husserl, Heidegger, Descartes, Platon ou encore Rosenzweig), il y déploie une philosophie éthique qui se départit de tout fondement ontologique. Si Totalité et infini est bien une «œuvre de ruptures», c’est qu’elle se donne pour projet de rompre avec l’histoire de la philosophie qui donne le primat au même et à la totalité. Penser l’existence, l’advenue au monde et sa signification, à partir de la présence d’autrui, tel est l’ambitieux projet d’Emmanuel Levinas. Ne plus inscrire le «Je» comme fondement de la pensée, tel est son geste révolutionnaire.
La relance du motif fondamental de l’«il y a», les gestes de rupture avec la figure de la totalité et certaines traditions de la phénoménologie, de l’épistémologie, voire de la philosophie analytique, l’actualité de l’œuvre et l’apport pratique de Totalité et infini à l’interprétation du monde contemporain (justice, politique, éducation), le dialogue entre Totalité et infini et des pensées qui ont nourri ou qui ont croisé certains motifs de la pensée de Levinas – Henri Bergson, René Girard, Maurice Blanchot: tels sont les enjeux explorés dans ce livre.

Avec les contributions de : Flora Bastiani, Benoît Chantre, Hugues Choplin, François Coppens, Pascal Delhom, Corinne Enaudeau, Arnaud François, Miguel García Baró, Georges Hansel, Joëlle Hansel, éric Hoppenot, Malgorzata Kowalska, Yasuhiko Murakami, Michel Olivier, Jean-François Rey, Jean-Michel Salanskis.

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vendredi 22 septembre 2017

Peter Trawny : Heidegger, une introduction critique

Le Seuil - Septembre 2017


C'est à Peter Trawny que nous devons la publication internationale de Heidegger et l'antisémitisme, où il commentait et mettait en perspective certains passages des Cahiers noirs. Documentant rigoureusement ces passages désastreux, il lançait un débat mondial sur la nécessité d'une réinterprétation d'ensemble de la pensée de Heidegger, qui est loin d'être clos.

Pour autant, Trawny se refuse à en conclure que Heidegger devrait cesser d'être considéré comme un philosophe, et lu entièrement au prisme de cette imprégnation par l'antisémitisme, dont son œuvre publiée ne portait jusqu'alors pas trace. L'auteur d'Être et temps doit continuer d'être lu et commenté en tant que tel. C'est ce qu'entreprend cette " introduction critique " à sa pensée, par celui qui a édité une dizaine des derniers volumes des Œuvres complètes en allemand et qui est sans doute un de ses meilleurs connaisseurs " de l'intérieur ". L'intérêt, pour le lecteur français, est d'autant plus grand qu'un certain nombre de ces volumes encore non traduits, avant même les Cahiers noirs et leur millier de pages, contiennent un matériau philosophique et parfois politique très dense et complexe, qui est largement en attente de sa réception en France.

Le livre s'articule autour de quatre grandes thématiques qui ont occupé le travail de Heidegger : " la facticité de la vie ", " le sens de l'être ", " l'histoire de l'être ", enfin " l'essence de la technique ". Un dernier moment, conclusif, détaille quelques " effets " et influences de cette pensée, dont on mesure aujourd'hui le degré d'égarement politique, mais qui reste un monument de la philosophie du XXe siècle, auquel il faut se confronter.

Spécialiste de la philosophie de Heidegger, Peter Trawny (né en 1964) préside l'Institut Martin Heidegger de l'Université de Wuppertal. On lui doit, outre ses travaux académiques, d'avoir dirigé la publication des Cahiers noirs. Son ouvrage Heidegger et l'antisémitisme a été publié au Seuil en 2014.

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jeudi 21 septembre 2017

Bruno Giuliani : Le bonheur avec Spinoza. L'Ethique reformulée pour notre temps

Almora - Septembre 2017


Spinoza est peut-être le plus grand philosophe de l′Occident, mais il est si difficile à lire que très peu arrivent à le comprendre. 
Voici son Éthique rendue enfin accessible à tous dans une version simplifiée et modernisée enrichie de précieuses explications et de nombreux exemples. 
Reformulant l′Éthique dans le sens des sagesses non-duelles, Bruno Giuliani met en lumière l′intuition la plus révolutionnaire de l′oeuvre, souvent incomprise de ses lecteurs, à savoir que le véritable sens de Dieu - c′est-à-dire la nature - est en réalité la Vie. Accompagnant le lecteur tout au long de l′ascension spirituelle qui va de la souffrance de l′ignorant à la liberté du sage, il montre comment se libérer des illusions de la morale et s′éveiller à la grâce de l′amour par la seule compréhension de la vérité. 
L′Éthique apparaît alors clairement pour ce qu′elle est : une extraordinaire pédagogie du bonheur dont la méthode est la thérapie de l′affectivité par l′éveil de notre intuition. Plus nous comprenons nos affects comme des expressions nécessaires de la Vie, plus nos passions se transforment en vertus et plus nous devenons libres, aimants et heureux, jusqu′à la plus haute béatitude. 
Une invitation magistrale à éveiller notre coeur à l′unique source du bonheur - et au sens même de l′existence : la culture de la joie. 

Professeur agrégé et docteur en philosophie de Nice Sophia Antipolis, Bruno Giuliani a enseigné pendant vingt ans en lycée et à l'université tout en animant de nombreux ateliers philo pour enfants et adultes. 
Il est aujourd'hui l'un des directeurs pédagogiques de la Fondation SEVE (Savoir Être et Vivre Ensemble), créée par Frédéric Lenoir, qu a pour mission de soutenir les projets qui, à travers la réflexion philosophique, la pratique de l'attention, l'activité ludique ou artistique œuvrent pour mieux préparer les enfants et les jeunes à devenir des citoyens confiants, actifs et respectueux du vivant​ : http://fondationseve.org

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Nicolas Poirier : Canetti. Les métamorphoses contre la puissance

Michalon Editeur - Octobre 2017


Romancier, dramaturge, anthropologue, essayiste et moraliste, prix Nobel de littérature en 1981, Elias Canetti est un écrivain inclassable, rétif aux dogmes comme aux idéologies, qui a tout fait pour ne pas s'ériger en maître. Hostile aux systèmes de pensée à vocation totalisante, la pensée de Canetti peut sembler, à première vue, assez déroutante, tant il est difficile d'en identifier la forme unitaire qui lui confère d'emblée sa signification. Pourtant, si ses motifs sont indéniablement pluriels, l'oeuvre de Canetti n'en reste pas moins portée par le souci de donner tout son sens à la possibilité pour les hommes de résister, en se jouant notamment des identités figées, à un pouvoir ayant besoin d'infliger la mort pour s'exercer.
Le livre de Nicolas Poirier privilégie l'aspect plus directement politique de l'oeuvre de Canetti : à partir principalement de l'anthropologie de la culture élaborée par Canetti dans "Masse et puissance", son unique ouvrage théorique, il se donne pour objet de faire ressortir les thématiques et problématiques saillantes de la réflexion menée par Canetti concernant notamment le pouvoir et son lien avec la mort, mais aussi plus largement la capacité humaine de faire communauté sans succomber aux pathologies qui enferment l'homme dans une identité qu'il prétend exclusive.

Docteur en science politique, Nicolas Poirier est enseignant et chercheur en philosophie, rattaché au laboratoire Sophiapol de l'université Paris-Ouest Nanterre-La Défense. Il a notamment publié L'ontologie politique de Castoriadis en 2011 aux éditions Payot.

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Thomas Seguin : Politiques de la vie. La Nature au prisme du social

Editions L'Harmattan - Juillet 2017 - Collection : Logiques sociales


La définition de la nature de la vie, ainsi que de sa physionomie, est, en quelque sorte, l'objet même du politique et de sa décision. Si une société sait comprendre et respecter la vie en elle-même, elle saura établir un rapport compréhensif et équilibré avec les entités naturelles. La vie prise ainsi dans sa saisie intégrale induit l'élaboration d'une physique sociale qui pense les conditions de l'harmonie sociale ainsi que celles d'une société vivante.

INTRODUCTION
Sociologie et biologie
La crise écologique
L'anthropologie politique
L'ORIGINE, L’ÉTAT DE NATURE ET LA COMMUNAUTÉ
L'immun de l'identité 
La souveraineté comme pulsion
L'étranger et la différence
TEMPS, RYTHMES ET ADAPTATIONS
Biopolitique négative
La rationalité économique
L'homo oeconomicus
Biopolitique positive 
Physiologie sociale
Dispositif anthropologique 
Accommodation réciproque
Métronomie
LA VIE ET LA MORT, ENTRE LE CLOS ET L'OUVERT
Le maintien de l'énergie
L'espace libre de l'imagination
L'ouverture continue du symbolique
La pensée et le corps
Le rôle des passions
L'AFFECT, LA MÉMOIRE ET LE RÉCIT
Ontologie et politique
L'affect comme fondation
Le travail de la représentation
L'anamnèse de la mémoire
LE DÉSIR, LES CHAMPS ET LA PRODUCTION
La nature du champs social
Les régimes d'organisation
La philosophie de l'émancipation
LA CORPORÉITÉ, FRAGMENTS DE PHYSIQUE SOCIALE
Le sujet et le milieu
L'éthique du rapport : la valence écologique
Puissance d'agir et citoyenneté
L'organisation énergétique des corps
De l'individu au groupe : les résonances
CONCLUSION
Parcours socio-constructiviste
Politique écologique
Perspectives de développement

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mardi 19 septembre 2017

Sylvie Lindeperg et Ania Szczepanska : A qui appartiennent les images ?

Msh Paris - Septembre 2017 - Collection : Interventions


Dans nos sociétés « iconophages », l'attrait pour les archives audiovisuelles s'accroît, menaçant parfois l'intégrité des images qui façonnent notre mémoire et nos imaginaires du passé. Leur importance est cruciale et pourtant elles ne bénéficient pas d un statut équivalent à celui des archives écrites ; elles ne profitent pas non plus pleinement des protections accordées aux oeuvres d'art. Parallèlement, la révolution numérique modifie en profondeur les conditions d'accès, de circulation et de reproduction des images, posant de constants défis aux institutions chargées d'en assurer la conservation et la communication. Ainsi, les usages des images d'archives soulèvent des questions politiques et éthiques tandis que leurs coûts freinent l'expérimentation de formes plus innovantes d'écriture de l'histoire dans le cadre de dispositifs pédagogiques et scientifiques. Parce qu'elles sont entrelacées, ces questions nécessitent une réflexion de fond associant historiens, juristes, philosophes, conservateurs, cinéastes, producteurs... Le présent ouvrage se propose d'amorcer ce dialogue nécessaire en dépliant les questions liées à la conservation, à l interprétation, à la circulation et aux usages des images d archives.

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Marie José Mondzain : Confiscation. Des mots, des images et du temps

Les Liens qui libèrent - Septembre 2017


Ne faut-il pas rendre au terme « radicalité » sa beauté virulente et son énergie politique ? Tout est fait aujourd'hui pour identifier la radicalité aux gestes les plus meurtriers et aux opinions les plus asservies. La voici réduite à ne désigner que les convictions doctrinales et les stratégies d'endoctrinement. La radicalité, au contraire, fait appel au courage des ruptures constructives et à l'imagination la plus créatrice. La véritable urgence est bien pour nous celle du combat contre la confiscation des mots, celle des images, et du temps. Les mots les plus menacés sont ceux que la langue du flux mondial de la communication verbale et iconique fait peu à peu disparaître après leur avoir fait subir torsion sur torsion afin de les plier à la loi du marché. Peu à peu c'est la capacité d'agir qui est anéantie par ces confiscations mêmes, qui veulent anéantir toute énergie transformatrice. Si ces propositions font penser que je crois dans la force révolutionnaire de la radicalité, on ne s'y trompe- ra pas, à condition de consentir à ce que la révolution ne peut exister qu'au présent. La lutte n'est et ne sera jamais finale, car c'est à chaque instant que nous sommes tenus d'être les hôtes de l'étrange et de l'étranger pour faire advenir ce qu'on nous demande justement de ne plus attendre et même de repousser. La radicalité n'est pas un programme, c'est, la figure de notre accueil face à tout ce qui arrive et ainsi continue de nous arriver.

Marie José Mondzain est philosophe, directrice émérite au CNRS, spécialiste du rapport à l'image. Son travail se prolonge dans le champ politique. Elle a publié entre autres Image, icône, économie... (Seuil), Le commerce des regards (Seuil), Homo spectator (Bayard) ou Qu'est-ce que tu vois ? (Gallimard).

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vendredi 15 septembre 2017

Jean-Noël Duhot : L'énigme platonicienne

Kimé - Septembre 2017


La question platonicienne est traversée par une énigme qui défie les interprètes depuis les travaux de Léon Robin, qui datent de plus d'un siècle. Platon a-t-il élaboré une doctrine, ou sa pensée est-elle tout entière contenue dans les dialogues ? Autrement dit, y a-t-il un enseignement secret de Platon qui n'apparaîtrait pas dans son oeuvre écrite ? Le témoignage des doxographes, à commencer par Aristote, laisse entendre que Platon a bien enseigné une doctrine, mais comment expliquer le silence des dialogues ? Analysant l'étrange passage du Timée qui s'articule sur la gamme pythagoricienne, J.-J. Duhot, qui a aussi été musicien professionnel, en a décrypté la clef, qui avait échappé à tous les interprètes : le Même code l'octave, soit le rapport 2, et l'Autre code la quinte, soit le rapport 3/2. Cette clef, indiscutable en elle-même, comme le démontre J.-J. Duhot, permet d'établir la grille de lecture qui éclaire toutes les obscurités du passage. On a donc là une double équivalence, entre métaphysique (Même et Autre), acoustique (octave et quinte), et mathématiques (construction arithmétique de la gamme). J.-J. Duhot montre que c'est la matrice sur laquelle Platon construit son oeuvre et met en place le postulat de mathématicité du monde, qui sera la base de toute la science moderne, à partir de Galilée. La gamme du Timée offre un modèle mathématique, la division de 2 en produits de facteurs dans un système logarithmique, qui résout (métaphoriquement) les problèmes de l'un et du multiple. On voit ainsi apparaître un « cycle éléatique » dans lequel, au fil des dialogues, Parménide, Théétète, Sophiste et Politique, se met en place une véritable doctrine platonicienne. Doctrine secrète qui s'offre au lecteur qui sait en décrypter le code.

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