jeudi 23 novembre 2017

Paul Henry Thiry baron d'Holbach : Essai sur l'art de ramper à l'usage des courtisans, suivi de Paradoxe du citoyen

Berg International éditeurs - Novembre 2017 - Collection : Dédales


Méprisé des philosophes et des dévots, le courtisan est rarement tenu en estime. Dans l'Essai sur l'art de ramper à l'usage des courtisans, Paul Henri Dietrich d'Holbach feint de défendre celui que l'on condamne a priori, celui dont on ne connaît ni la psychologie plurielle et fine, ni la portée des sacrifices. À ce mauvais procès, l'auteur oppose l'exposé d'un art méconnu qui mène à la parfaite maîtrise de soi, à la connaissance subtile des passions et des vices des puissants. Cet art qui nécessite une parfaite abnégation envers le prince qui incarne le corps politique, ne serait-il pas, au delà des apparences, le plus noble sacrifice pour le bien public ? Cet essai est suivi de Paradoxe sur le citoyen de Remy de Gourmont dont les réflexions dressent un constat quelque peu cynique : le citoyen fait preuve d'une totale abnégation sans raisons valables ; et c'est en cela qu'il est judicieux pour le lecteur de le comparer au courtisan. Le citoyen aurait comme qualités principales le dévouement, la résignation et la stupidité. C'est par une déconstruction des métaphores que sont la République comme mère et l'Etat comme père, que l'auteur va mettre au jour la supercherie du système dans lequel le citoyen, cet éternel débiteur, doit se sacrifier.

acheter ce livre

Bertrand Vergely : Prier, une philosophie

Carnets Nord - Novembre 2017 - Collection : Une philosophie


« Prier, une philosophie ? Parlez-en à un philosophe. Il vous dira que quand on est philosophe, on ne prie pas. On philosophe. Parlez-en à un homme ou à une femme de prière. Ils vous diront que, quand on prie, on ne philosophe pas. On prie. En quoi ils ont raison et tort à la fois. »

Dans ce texte, Bertrand Vergely écrit au fil de sa pensée les réflexions que lui inspirent l’association de ces deux activités : philosopher, qui lui est quotidienne, et prier, une autre passion personnelle. Les deux lui sont donc essentielles, et elles ne sont pas incompatibles comme il va en faire la démonstration en parcourant le monde des philosophes (Socrate, Novalis, Ricoeur…) et celui de la prière, de toutes sortes de prières.

acheter ce livre

Martin Heidegger : Le commencement de la philosophie occidentale. Interprétation d'Anaximandre et de Parménide

Gallimard - Novembre 2017 - Collection : Bibliothèque de philosophie


On sait l'importance de la réflexion sur les penseurs présocratiques dans la philosophie de Heidegger. Le cours traduit ici, datant de 1932, s'il n'est pas le premier à en faire mention, est le premier, en revanche, à les aborder sous l'angle du Commencement qui s'y joue. Cest ce motif du commencement qui oriente la lecture que Heidegger entreprend de la très courte et dense "parole d'Anaximandre" et des fragments qui nous sont parvenus du poème de Parménide d'Elée. Cette explication avec le commencement de la philosophie occidentale ne cessera plus, dès lors, d'accompagner le cheminement de la pensée de Heidegger. Elle constituera un second foyer de l'oeuvre heideggerienne, après Être et temps : la recherche d'un autre commencement.

acheter ce livre

mardi 21 novembre 2017

Éric Mangin : La nuit de l’âme. L’intellect et ses actes chez Maître Eckhart

Vrin - Novembre 2017 - Études de philosophie médiévale


Fidèle à la tradition dominicaine, Maître Eckhart (1260-1328) accorde une grande importance à l’intellect aussi bien dans la connaissance de Dieu que pour la béatitude de l’homme. Cependant, il n’est pas possible d’envisager cette notion sans souligner l’existence d’une difficulté. Dans son élan pour atteindre la vérité, l’intellect fait l’expérience d’une certaine cécité, il ne parvient jamais parfaitement à ressaisir ce qui est là, caché dans le creux de son être. Loin d’être un obstacle, cette difficulté ne définit-elle pas la nature de notre pensée? Ce nouvel ouvrage se présente comme une enquête sur les actes de l’intellect à travers l’analyse des principaux verbes employés par le maître rhénan pour décrire ce qui se passe dans l’âme et l’épreuve qu’elle traverse. L’intellect ne doit-il pas consentir à ce qui se donne à lui sous le mode de l’inappropriable? Et la pensée devient alors une quête sans fin. « Dans la nuit, quand aucune créature ne brille ni ne jette un regard dans l’âme, dans le silence où rien ne parle à l’âme, la parole est prononcée dans l’intellect » (Sermon 70). L’expérience de la nuit est cette épreuve nécessaire qui permet à l’âme intellective de laisser résonner en elle une parole toujours inexprimée.

Éric Mangin, docteur en philosophie, docteur en théologie et sciences religieuses, est maître de conférences en philosophie antique et médiévale à l’Université catholique de Lyon.

acheter ce livre

Odile Gilon et Christian Brouwer (éd.) : La liberté au Moyen Âge


Librairie Philosophique Vrin - Novembre 2017 - Annales de l'Institut de philosophie et de sciences morales


Peut-on parler de liberté au Moyen Âge?
Le sens de cette question ne peut se comprendre qu’à partir de l’institution de la liberté dans ses contextes historico-doctrinaux. Entre nature et volonté se dessine l’horizon médiéval de la liberté, dans un dialogue entre Augustin et Aristote, drainant avec lui l’idée emblématique d’impuissance de la volonté. L’émergence du concept de volonté chez Augustin est l’élément fondamental du réseau conceptuel qui conduira à l’idée d’auto-détermination chez Duns Scot : s’y rencontrent le liberum arbitrium, voluntas et potestas, akrasia et péché. Au cours d’une journée d’études tenue à l’Université libre de Bruxelles, des spécialistes de l’Antiquité et du Moyen Âge ont croisé leurs réflexions sur cette question. On en trouvera la teneur dans le présent volume.

Ont participé à ce volume : Isabelle Bochet, Olivier Boulnois, Christian Brouwer, Lambros Couloubaritsis, Sylvain Delcomminette, Odile Gilon, Bernd Goebel, Jean-Marc Goglin et Kristel Trego

acheter ce livre

Gottfried Wilhelm Leibniz : Dialogues sur la morale et la religion

Vrin - Novembre 2017 - Bibliothèque des Textes Philosophiques – Poche


Ces dialogues sur la morale et la religion, dont Jean Baruzi n’avait édité qu’une partie sous le titre Trois dialogues mystiques inédits de Leibniz (1905), portent sur la piété ou amour de Dieu sur toutes choses. Cet amour consiste, selon Leibniz (1646-1716), dans la connaissance de la nature et de son divin auteur, ainsi que dans une action orientée vers le bonheur du genre humain. Écrits vers 1679, les dialogues sont un éloge de la raison et une exhortation à l’employer, dans le domaine théorique comme pratique, contre toutes les formes que peut prendre l’antiphilosophie (fidéisme, indifférentisme, scepticisme). La science doit être cultivée car elle est une célébration de Dieu autant qu’une oeuvre au service de l’homme. Leibniz la conçoit comme le fruit d’un travail collectif, inlassablement poursuivi, qui suppose une étroite collaboration entre les savants, leur respect commun de certains principes et l’appui des autorités politiques. Le lien essentiel entre progrès scientifique, félicité de l’homme et gloire de Dieu est particulièrement illustré par le Mémoire pour des personnes éclairées et de bonne intention(rédigé entre 1692 et 1695), publié en appendice.

Introduction, traduction et notes par Paul Rateau, maître de conférences à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

acheter ce livre

lundi 20 novembre 2017

Hans-Jörg Rheinberger : Systèmes expérimentaux et choses épistémiques

Classiques Garnier - Octobre 2017 - Histoire et philosophie des sciences


Édition d'Arthur Lochmann

En quelques années, ce livre s'est imposé parmi les classiques de l'histoire des sciences. L'étude repose sur une description des dispositifs matériels que les scientifiques du xxe siècle appellent « systèmes expérimentaux ». À partir de ce concept, l’ouvrage établit une épistémologie de l'expérimentation moderne.


acheter ce livre

Simone Weil : L’agonie d’une civilisation

Fata Morgana - Novembre 2017


Il ne peut y avoir d’ordre que là où le sentiment d’une autorité légitime permet d’obéir sans s’abaisser ; c’est peut-être là ce que les hommes d’oc nommaient Parage. S’ils avaient été vainqueurs, qui sait si le destin de l’Europe n’aurait pas été bien différent ? La noblesse aurait pu alors disparaître sans entraîner l’esprit chevaleresque dans son désastre, puisqu’en pays d’oc les artisans et les marchands y avaient part. Ainsi à notre époque encore nous souffrons tous et tous les jours des conséquences de cette défaite.
Rien qu’en regardant cette terre, et quand même on n’en connaîtrait pas le passé, on y voit la marque d’une blessure.
Au cœur de cette Agonie d’une civilisation vue à travers un poème épique, Simone Weil, se penche sur ces évènements qui contribuèrent à l’écrasement de la civilisation d’oc et en donne une lecture personnelle, mêlée de mysticisme et de réflexions philosophiques inédites qui portent en elles un caractère profondément politique et social que rien ne sépare de notre présent : «La terreur est une arme à un seul tranchant. Elle a toujours bien plus de prise sur ceux qui songent à conserver leur liberté et leur bonheur que sur ceux qui songent à détruire et à écraser ; l’imagination des premiers est bien plus vulnérable, et c’est pourquoi, la guerre étant, avant tout, affaire d’imagination, il y a presque toujours quelque chose de désespéré dans les luttes que livrent des hommes libres contre des agresseurs.»
acheter ce livre

Gabriel Gauny : Le philosophe plébéien

La fabrique - Novembre 2017


Textes présentés par Jacques Rancière

Né à Paris en 1806, mort en 1889, Louis Gabriel Gauny était menuisier et philosophe. Ses écrits constituent un précieux témoignage de la condition ouvrière et des luttes pour l’émancipation à l’avènement du capitalisme industriel. Jacques Rancière, qui a dépouillé ses archives à Saint-Denis, restitue l’expérience au jour le jour de ce philosophe plébéien : « Il nous décrit, heure par heure, sa journée de travail. Et il n’y est pas question de la belle ouvrage des nostalgiques, pas non plus de la plus-value, mais de la réalité fondamentale du travail prolétaire : le temps volé. Et nous ressentons que nos mots – exploitation, conscience, révolte… – sont toujours à côté de l’expérience de cette vie “saccagée”. Il entreprend de se libérer : pour lui et pour les autres, car nos oppositions sont là aussi dérisoires : les “chaînes de l’esclavage” doivent être rompues par des individus déjà libérés. Il prend un travail de parqueteur à la tâche, où il se libère du maître tout en restant et en se sachant exploité : et il nous montre que nous, philosophes, n’avons rien compris aux rapports de l’illusion et du savoir, de la liberté et de la nécessité. […] À l’origine du discours de l’émancipation ouvrière, il y a le désir de ne plus être ouvrier : ne plus abîmer ses mains et son âme, mais aussi ne plus avoir à demander ouvrage ou salaire, à défendre des intérêts ; ne plus compter le jour, ne plus dormir la nuit… Celui-là a la force de vivre son rêve, sa contradiction : être ouvrier sans l’être. »

acheter ce livre

dimanche 19 novembre 2017

Emmanuel Roux & Mathias Roux : Michéa, L’inactuel. Une Critique de la civilisation libérale

Le bord de l'eau - Novembre 2017


Jean-Claude Michéa est un philosophe désormais bien installé dans le paysage intellectuel français. Manifestant une forte filiation avec George Orwell, sa pensée est dédiée à la compréhension de notre époque qu’il estime entièrement modelée par le triomphe de la « civilisation libérale ».
Depuis vingt ans, il contribue à renouveler l’analyse des évolutions de la société contemporaine en mettant à jour les soubassements culturels du capitalisme. Par la remise en question des oppositions structurelles du débat politique (gauche/droite, progrès/réaction, tradition/mouvement, peuple/élites, etc.) Michéa s’attache aussi à dérégler nos boussoles traditionnelles et invite son lecteur à reconsidérer le sens des clivages jusqu’alors admis, seul moyen, à terme, d’envisager une alternative politique au capitalisme triomphant associé au culte de la croissance. Ses différentes positions lui ont valu d’être qualifié de « nouveau réactionnaire » et d’être enrôlé malgré lui par une droite intellectuelle dans la critique de l’antiracisme et de la postérité supposée délétère de mai 68. Ce livre montre qu’il s’agit pourtant d’une instrumentalisation qui ne résiste pas à une lecture attentive de son œuvre.
Ce faisant, il répond également à la question : « Pourquoi un penseur que tout classe à gauche est-il considéré comme de droite ? »

Emmanuel Roux, agrégé et Docteur en philosophie, est l’auteur de Machiavel, la vie libre (Raisons d'agir, 2013) et George Orwell, la politique de l'écrivain (Michalon, 2015).
Ancien élève de l’École Normale Supérieure de Lyon, Mathias Roux est agrégé de philosophie et auteur, entre autres, de Socrate en crampons, une introduction sportive à la philosophie (Flammarion, 2010) et S’estimer soi-même avec Descartes (Eyrolles, 2016).

acheter ce livre

Michel Angot (éd.) : Mahābhāṣya de Patañjali. PaspaśᾹ

Les Belles Lettres - Novembre 2017 - Collection : Collection Indika


Le Mahābhāṣya (Grand Commentaire) est le nom donné vers le Ve siècle de notre ère par le philosophe et linguiste Bhartṛhari au commentaire grammatical rédigé anonymement quelque sept siècles auparavant sur la Grammaire de Pāṇini. Bhartṛhari l’attribue à une figure mythique : Patañjali était un grand Serpent. Dorénavant on parlera du « Mahābhāṣya de Patañjali ». Pendant quelque vingt siècles, le Mahābhāṣya sert de modèle au genre commentarial, lequel est le principal genre littéraire par lequel les brahmanes exposent philosophie, pensée, en général tous leurs savoirs.

La Paspāśā (Examen) constitue l’introduction du Mahābhāṣya. C’est la seule partie non technique de l’ouvrage, la seule qui puisse encore être lue aujourd’hui sans la connaissance technique de la grammaire de Pāṇini. « Patañjali » y expose sa conception du sanskrit, la langue de l’Ordre cosmique, dans un heureux mélange de linguistique, de philosophie, de logique et de mythologie. Le présent ouvrage est donc un des classiques de la langue et de la pensée des brahmanes, le socle de toute leur réflexion.

acheter ce livre

Alexandre Viala : Le pessimisme est un humanisme. Schopenhauer et la raison juridique

Mare et Martin - Octobre 2017


Demeuré longtemps dans l’ombre de Hegel dont il est le contemporain, Arthur Schopenhauer ne bénéficiera que d’une gloire posthume et influencera, à la fin du XIXème siècle, des penseurs importants à l’instar de Nietzsche ou Freud. Son apport majeur, qui est loin d’être dérisoire, est d’avoir renversé la perspective à partir de laquelle la philosophie occidentale pensait jusqu’à présent l’individu. Considéré comme un être libre et doué de raison, voici que l’homme est regardé, avec Schopenhauer, comme l’otage de la Volonté, concept derrière lequel le philosophe allemand range notamment les passions et les émotions. En définissant la souffrance comme constitutive de l’essence de la vie et en affirmant la thèse révolutionnaire de l’assujettissement des fonctions intellectuelles aux fonctions affectives, Schopenhauer nous livre une vision irrationaliste du monde dont cet ouvrage tire parti pour revisiter la pensée juridique moderne. Le présent essai propose de voir dans le désenchantement éthique et moral qui caractérise le libéralisme politique et le positivisme juridique l’ombre portée du pessimisme schopenhauérien.

acheter ce livre